Assurer la sécurité alimentaire dans un contexte de changement climatique : une Commission internationale donne la marche à suivre

Les experts scientifiques présentent des étapes concrètes vers un système alimentaire durable à l’échelle mondiale.

COPENHAGUE (16 Novembre 2011) - À l'approche des pourparlers de l'ONU sur le climat à Durban, en Afrique du Sud, d’ici la fin Novembre, une Commission internationale indépendante composée de scientifiques reconnus a adressé aux décideurs publics une série de recommandations concrètes sur les moyens d’assurer la sécurité alimentaire dans un contexte de changement climatique. Sur la base des recherches les plus récentes, la Commission prône des actions immédiates et coordonnées pour rendre le système alimentaire mondial capable de répondre aux lourds défis, actuels et futurs, qui menacent la sécurité alimentaire et l’environnement.

Face au défi de nourrir une planète confrontée au changement climatique, à la croissance de la population, à la pauvreté, à des prix alimentaires erratiques, et à la dégradation des écosystèmes, le résumé (summary for policymakers) du rapport de la Commission sur l'Agriculture Durable et le Changement Climatique adresse aux décideurs publics sept grandes recommandations de politique. Des impératifs absolus sont mis en avant : hausse significative, au cours de la prochaine décennie, du niveau mondial des investissements dans l'agriculture durable et les systèmes alimentaires ; intensification écologique de la production agricole sur la base de l’utilisation durable des terres disponibles, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre; réduction drastique des pertes et des gaspillages tout au long de la filière agricole et alimentaire.

Le Professeur Sir John Beddington, président de la Commission, résume le défi : «Il s'agit de réorienter le système alimentaire mondial dans son ensemble – pas seulement la production agricole, et pas uniquement dans les pays en développement. Nous avons besoin d'une approche globale cohérente et socialement équitable, pour lancer, financer, et gérer les initiatives régionales qui bénéficieront à tous, que ce soit en matière de nutrition, de revenus ou du climat. "

Les membres de la Commission insistent : les enjeux de l’agriculture et de l’environnement sont étroitement liés. A l’augmentation de la population mondiale, qui devrait dépasser les 9 milliards d’habitants d’ici 40 ans, répond une demande accrue de nourriture, de biocarburants et de cultures pour l’alimentation animale. De nombreux systèmes agricoles pourraient ainsi être soumis à une énorme pression et les risques sont réels d’un plus grand appauvrissement de la fertilité des sols, d’une perte de biodiversité, d’un gaspillage des ressources en eau et d’émissions accrues de gaz à effet de serre.

Le résumé destiné aux décideurs politiques est communiqué aujourd’hui avec l’objectif de contribuer aux grands rendez-vous à venir consacrés au changement climatique, notamment la conférence que lui consacrent les Nations Unies à Durban, en Afrique du Sud, du 28 Novembre au 9 Décembre, et le Sommet de la Terre Rio+20 l'an prochain. «Les efforts pour atténuer les effets les plus graves du changement climatique ne peuvent réussir sans aborder simultanément les crises dans l'agriculture mondiale et le système alimentaire», a déclaré le Dr Bruce Campbell. Ce responsable du programme de recherche sur le changement climatique, l’agriculture et la sécurité alimentaire au CGIAR est à l’origine de la création, en février 2011, de cette Commission indépendante. « Ce qui donne toute sa valeur à la contribution de la Commission, c’est qu’elle indique aux scientifiques et aux décideurs politiques des axes d’action forts, fondés sur de solides connaissances scientifiques, pour atteindre la sécurité alimentaire mondiale.» Le rapport final détaillé de la Commission sera publié en 2012.

Celle-ci réunit d’éminents chercheurs en sciences naturelles et sociales, spécialistes de l'agriculture, du climat, de l’alimentation et de la nutrition, de l'économie ou des ressources naturelles. Ils sont originaires d'Australie, du Brésil, du Bangladesh, de Chine, d’Ethiopie, de France, du Kenya, d’Inde, du Mexique, d’Afrique du Sud, du Royaume-Uni, des Etats-Unis et du Vietnam.

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Author: 
The Commission on Sustainable Agriculture and Climate Change
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